LE ROI MOHAMMED V: LE HÉROS

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LE ROI MOHAMMED V. SOUS COPYRIGHT.

Dans son livre “Lyautey, Juin, Mohammed V, fin d’un protectorat, Volume 1”, Guy Delanoe décrit:

Sous le socle de la statue de Lyautey, à Casablanca, sont gravés les mots suivants: “Plus je fréquente les Marocains, plus je vis dans ce pays, plus je suis convaincu de la grandeur de cette nation…”

Lyautey… dont la grande ombre ne cessa de hanter Français et Marocains…

[…]

Lyautey, qui était sans doute royaliste, comprend bien l’importance de la monarchie marocaine, comme le prouve cette dépêche adressée le 31 Décembre 1920, au Ministre des Affaires Etrangères:

“Le Sultan du Maroc, descendant du Prophète, détient le Khalifa aux yeux des Marocains, c’est-à-dire le pouvoir spirituel et temporel. Il est l’Imam couronné. C’est en son nom que se dit à la prière… C’est là un fait dont il ne faut jamais méconnaître l’importance, parce que si nous savons nous en servir, il restera une des bases les plus solides de notre établissement au Maroc, notre point d’appui aussi bien auprès des tribus soumises que des dissidents, de même qu’il fut la cause principale qui, pendant la grande guerre, explique que l’élite marocaine ait loyalement marché avec nous, parce que son Sultan était notre Allié! Rien n’est d’ailleurs plus caractéristique que l’élan unanime qui accompagne Moulay Youssef dans ces déplacements…

Pendant la guerre, malgré le passage de la Turquie au camp opposé, il n’y a pas eu ici de mouvement d’opinion, parce qu’ici, le Sultan marchait avec nous, et que ce fait plaçait les musulmans marocains en état de paix avec leur conscience…”

“Cet empire a l’heureuse fortune de posséder une élite éclairée que distinguent à la fois la naissance, l’exercice traditionnel et héréditaire de l’autorité, la pratique du haut commerce et des grandes affaires, le goût de l’étude et du progrès. Dieu nous garde de nous priver de son précieux concours: nous en sentons toute la valeur… Nous sommes ici au pays d’Ibn Khaldoun, qui arriva à Fez à l’âge de vingt ans, au pays d’Averroes, et leurs descendants ne sont pas indignes d’eux. On ne sait pas encore assez ce que de vieilles demeures de Fez, de Rabat, de Marrakech abritent d’hommes qui en ont fait des asiles de lecture, de recherches, de pensée, l’esprit ouvert à tout ce qui passe dans le monde…

Ils ne nous connaissent pas encore bien. Nous les effarouchons… Là, le secret, c’est la main tendue et non la main condescendante, mais la loyale poignée de mains, d’homme à homme faits pour se comprendre. Selon la belle formule du Colonel Berriau, “cette race n’est pas inférieure, elle est différente.” “

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