Mehdi Ben Barka: Le révolutionnaire

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Mehdi Ben Barka était un homme politique marocain né en janvier 1920 à Rabat, au Maroc. Bien que d’origine bourgeoise, Ben Barka était parmi les premiers à fréquenter l’école française (qui était principalement destinée aux personnes riches), car il était toujours le meilleur et le plus brillant de sa classe. Il a été le premier Marocain à recevoir un diplôme en mathématiques dans une école française officielle en 1950. Il a ensuite enseigné les mathématiques dans un lycée local et au Collège royal, où le jeune Hassan II était l’un de ses étudiants.

Travaillant en parallèle, Mehdi s’est impliqué dans la politique et a travaillé pour défier le “Protectorat” français sur le Maroc. En 1943, il participe à la création du Parti national Istiqlal. En 1955, Mehdi a pris part à des négociations qui ont abouti au retour du sultan Mohammed V, exilé par les autorités françaises à Madagascar. En 1956, les autres négociations de Ben Barka ont abouti à la fin du protectorat français sur le Maroc. De 1956 à 1959, Mehdi Ben Barka était président de l’assemblée consultative du Maroc. En 1959, Mehdi se sépare du Parti national istiqlal après des affrontements avec des opposants conservateurs et crée l’Union nationale des forces populaires: Union nationale des forces populaires (UNPF).

Le 16 novembre 1962, Mehdi a échappé à une attaque contre sa vie (accident de voiture, où une voiture de police a forcé sa voiture dans un ravin), provoquée par les services du général Mohamed Oufkir et du colonel Ahmed Dlimi. En juin 1963, Ben Barka était accusé de comploter contre la monarchie et de nouveau contraint à l’exil; C’était un complot du roi Hassan II, pour dissoudre l’UNFP, la principale opposition à son règne.

Le 22 novembre 1963, Ben Barka est condamné à mort par contumace pour conspiration et tentative d’assassinat du roi. Certains pensent que cela a également été provoqué par l’appel de Ben Barka aux soldats marocains de refuser de combattre l’Algérie lors de la guerre du sable de 1963. Ben Barka s’est d’abord exilé à Alger, en Algérie, où il a rencontré Che Guevara, Amilcar Cabral et Malcolm X.

Il s’est ensuite rendu au Caire, à Rome, à Genève (où il a échappé à plusieurs attaques contre sa vie) et à La Havane, tentant d’unir les mouvements révolutionnaires du tiers monde pour la conférence tricontinentale de janvier 1966 à La Havane. En tant que chef du Tricontinental, Ben Barka était considéré comme une figure majeure du mouvement du Tiers Monde et soutenait des actions révolutionnaires et anticoloniales dans divers États, provoquant ainsi la colère des États-Unis et de la France. Juste avant sa mort, il préparait la première conférence Tricontinental prévue à La Havane, Cuba, du 3 au 13 janvier 1966.

Mehdi Ben Barka, le leader charismatique de l’opposition marocaine disparu à Paris il y a 36 ans, a été torturé et tué dans une maison située au sud de la capitale française par le ministre marocain de l’Intérieur, avec la complicité des autorités françaises, selon un communiqué.

La disparition a ébranlé la France de De Gaulle et fait écho dans le monde entier où Ben Barka était, dans les années 1960, un troisième leader mondial de l’envergure de Che Guevara. Il était le secrétaire général de la conférence Tricontinental, le rassemblement influent des dirigeants du tiers monde radical organisé par Cuba.

Selon Le Monde et le quotidien marocain Le Journal, l’étonnant récit de l’enlèvement et de l’assassinat de Ben Barka provient d’un ancien agent de la contre-subversion marocain, Ahmed Boukari, qui a abordé les publications à l’automne avec des informations de première main à propos de ce qui s’est passé.

Le 29 octobre 1965, à midi, deux policiers français travaillant pour les services secrets marocains arrêtaient Ben Barka devant la brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain. Il n’a jamais été revu vivant et son corps n’a jamais été retrouvé, le crime parfait.

M. Boukari, un haut responsable choisi par les trois agents de la CIA qui ont réorganisé les services secrets du roi Hassan en 1960, affirme que le corps a été ramené à Rabat et dissous dans de l’acide.

Ses collègues agents, selon le reportage du journal Le Monde, n’ont jamais cessé de discuter en privé avec lui des scènes horribles dont ils ont été témoins.

Il a gardé un compte rendu minutieux de centaines de pages détaillant comment Ben Barka est mort sous la torture par un général ivre, Mohammed Oufkir, bras droit du roi Hassan II, non seulement ministre de l’intérieur mais aussi directeur des services secrets. Un assistant d’Oufkir, Ahmed Dlimi, a également été nommé en tant que tortionnaire.

Ben Barka était en exil depuis trois ans, avait été condamné à deux reprises à mort au Maroc et avait échappé à de précédentes tentatives d’assassinat.

Avant son arrestation, a fait savoir Le Monde, il a été surveillé sept mois sur 24 pendant sept mois chez lui, au Caire, à Alger et à Genève. Des téléphones ont été tapotés et des lettres ont été ouvertes.

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