La Coupe du Monde, nouvel espace de rivalités géopolitiques.

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Aujourd’hui a eu lieu le vote concernant le pays qui organisera la coupe du Monde 2026, et sans grandes surprises, l’organisation a été octroyée au trio Canada-Etats-Unis-Mexique. La surprise voire le choc a, en revanche, eu lieu lors du fratricide commis par des pays que le Maroc considérait comme amis, voire alliés. En effet, l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Koweït, le Bahreïn, la Jordanie, le Liban et l’Irak ont voté en faveur du trio américain, malgré tous les points communs que partage le royaume chérifien avec les pays suscités. Il sera donc l’occasion à travers cet article de voir dans quelle mesure les compétitions sportives sont devenues le centre de nouvelles rivalités géopolitiques.

L’importance stratégique de la coupe du monde, et dans une dimension moindre des jeux olympiques, s’explique par deux facteurs, à savoir l’attractivité (la coupe du monde de football est l’évènement télévisé le plus suivi au niveau planétaire), et la redéfinition de la puissance assise par le soft-power (le grand vainqueur devient un ambassadeur dont la popularité dépasse parfois celle du chef d’Etat).

L’organisation de cet évènement majeur est aussi au cœur d’une compétition sans merci puisque le pays hôte devient le centre du monde, tant durant le processus d’attribution de la compétition que durant son déroulement.

La Task force de la FIFA examine toutes les candidatures et publie un compte-rendu où des notes sont attribuées au volet technique (stades, transports, médias, billetterie, hospitalité), au respect de la légalité, à la sécurité, aux infrastructures sanitaires et enfin au volet du développement, des droits de l’homme et de la protection de l’environnement du pays candidat. Toute note inférieure à 2/5 est éliminatoire, et de ce fait, par l’obtention de la note de 2.7/5, la candidature du Maroc a été retenue. Lors du vote final qui a eu lieu ce mercredi 13 juin, 207 nations ont pris part au vote, et le seuil de 104 votes est le minimum requis pour que l’organisation soit validée. C’est donc à l’occasion de ce vote que toutes les alliances stratégiques et géopolitiques deviennent réalité. C’est ainsi que Trump, dans un élan de masturbation intellectuelle, a déclaré à travers un tweet en date du 27 avril que les pays qui voteraient contre le trio américain ne bénéficieraient plus des aides financières du pays de l’oncle Sam. C’est donc à travers des menaces à peines voilées, dans un style très américain, que les alliances ont pris forme. Soulignons que malgré ces pressions, et malgré le fait qu’ils  soient bénéficiaires d’aides américaines, des Etats tels que l’Ethiopie et le Kenya ont voté en faveur du dossier marocain. L’octroi de l’organisation de la coupe du monde 2026 au Maroc aurait été l’occasion rêvée d’assurer une visibilité sans précédent au royaume et de confirmer son influence grandissante au sein de la région.

Résultat du vote relatif à l’organisation de la coupe du monde de 2026.

Cette compétition constitue donc une véritable vitrine pour le pays hôte, et par sa décision, la fédération internationale de football association (FIFA), souhaite participer à l’écriture de l’histoire géopolitique. Ainsi donc, l’attribution de l’organisation de la coupe du monde à l’Afrique du Sud en 2010, à la Russie en 2018, au Qatar en 2022 et enfin au trio Américain en 2026 n’est que le prolongement des coulisses de la scène internationale.

En effet, en attribuant l’organisation de la compétition à l’Afrique du Sud en 2010, l’idée était de montrer que cet Etat n’est pas en marge de la mondialisation et qu’il était dans la capacité de relever le défi de l’organisation de cet événement majeur.

A quelques jours du coup d’envoi de la coupe du  monde à Moscou, il s’agit ici saluer le retour de la puissance russe sur la scène internationale après le déclin qu’elle a connu à la fin du siècle dernier.

Quant au Qatar, il est question ici de marquer le coup puisque cette monarchie du golfe est le premier Etat arabe et musulman à organiser une compétition sportive mondialisée. Par ailleurs, après l’embargo mené par les pays du Conseil de Coopération du Golfe, ça sera l’occasion rêvée pour ce pays de près trois millions d’habitants de prouver qu’il reste debout malgré le couteau planté par les autres monarchies du golfe.

 

 

 

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