Affaire Khadija : réitération et maintien des accusations par la jeune fille lors de la seconde audition auprès du juge de la chambre criminelle de Beni Mellal.

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Khadija, dont nous vous relations le calvaire qu’elle a enduré dans un précédent article, (http://discoverymorocco.net/a-fleur-de-peau-nous-sommes-tous-khadija/), a été entendue par le juge de la chambre criminelle de Beni Mellal mercredi dernier. Réitérant ses accusations, la jeune fille a par la même occasion appelé « toutes les filles à se monter courageuses ».

En effet, après l’immense émoi provoqué par l’histoire de Khadija, certaines figures publiques n’ont pas hésité face caméra à remettre en cause son histoire, l’accusant, alors même que l’instruction est en cours, d’avoir monté l’histoire de toutes pièces. Confortés par cette prise de position, les parents des coupables présumés n’ont pas hésité à mener une contre attaque, invoquant alors, comme c’est le cas à chaque histoire de viol, les mœurs légères de la victime.

En réponse à la déferlante vague de haine à laquelle Khadija s’est heurtée et dans un contexte marqué par moult affaires de mœurs, un mouvement en solidarité avec toutes les victimes de viol a émergé, dans l’espoir de mettre fin à l’omerta régnant au sein du Royaume (http://discoverymorocco.net/masaktach-un-pas-de-plus-vers-labolition-de-la-culture-du-viol/).

Dans un entretien accordé à l’AFP, Khadija indique être « encore traumatisée » rappelant que ce qu’elle a enduré « n’est pas facile à supporter ».

Rappelons que répondant aux chefs d’accusations de traite d’êtres humains sur mineurs, viol, torture et usage d’arme causant des blessures et séquelles psychiques, constitution d’une bande organisée, enlèvement et séquestration et enfin non-assistance à personne en danger,  douze individus âgées de 17 à 28 ans ont été placé sous le régime de la détention préventive depuis fin août. Suite à leur arrestation, plusieurs des mis en cause ont reconnu les faits dans leurs procès verbaux admettant de ce fait les actes de viol collectifs, tatouages forcés, et menaces de mort à des fins d’intimidation.

Une première audition agitée avait déjà eu lieu en mi-septembre, où les familles des présumés coupables n’avaient pas hésité à proférer des insultes à l’égard de la partie adverse. La dernière audition qui a pris place le 10 octobre à quant à elle été plus calme dans la mesure où elle s’est déroulée à huit clos.

Toujours dans le même entretien accordé à l’AFP, le père de Khadija a déclaré que la vie à Oulad Ayad est devenue « difficile » dans la mesure où la famille serait de facto assignée à résidence du fait de l’hostilité et l’agressivité des habitants du douar. Khadija, quant à elle déclare penser à l’avenir et avoir « confiance en la justice ».

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