#EditoDeMexico 49 : Rabat-Téhéran, bilan de relations complexes…

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Mohamed Badine El Yattioui, docteur en Science Politique de l’université de Lyon (France). Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l’Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue semestrielle et qui organise des événements dans différents pays et dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) ILM.

Suite à l’assassinat ciblé du général iranien Qassem Soleimani, la marine américaine a annulé des exercices prévus avec le Maroc pour rediriger ces forces (le navire d’assaut amphibie USS Bataan et la 26e force expéditionnaire) au Moyen-Orient, selon USNI News. Il s’agit d’une nécessité afin de garantir la sécurité des soldats américains suite à l’élimination du général Soleimani et des bombardements iraniens sur deux bases américaines en Irak.

Profitons de cette actualité internationale brûlante pour revenir sur la relation bilatérale complexe entre le Maroc et l’Iran.

Depuis mai 2018 les relations sont rompues. Les ambassadeurs respectifs sont revenus dans leurs pays. Les ambassades respectives à Rabat et à Téhéran sont fermées. Nasser Bourita avait prouvé les liens étroits entre le Hezbollah et le Front Polisario.

Déjà de 2009 à 2014, elles l’avaient été. Le Royaume considérait que les diplomates iraniens en poste faisaient preuve de prosélytisme politico-religieux. De plus, le Maroc n’a pas accepté la déclaration iranienne affirmant que Bahreïn était sa “14e province”.

Ces ruptures à répétition montrent la relation tendue entre les deux pays et leur désaccord idéologique et stratégique profond. De plus, les échanges commerciaux étant faibles, cet état de fait ne les pénalise pas économiquement.

Mais le désaccord remonte en réalité à 1979 et la révolution qui a renversé le Shah. Ce dernier était un allié et un ami de Feu Hassan II. Le Souverain n’a d’ailleurs pas hésité à qualifier Khomeiny « d’hérétique» et de rompre les relations diplomatiques avec ce pays (rétablies ultérieurement).

Depuis, comme nous l’avons démontré, les relations entre les deux pays n’ont jamais pu retrouver un semblant de normalité. La fracture est trop grande.

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El Yattioui Mohamed Badine, né en France de parents marocains, est docteur en Science Politique de l'université de Lyon (France). Il a rédigé une thèse intitulée "Les enjeux géostratégiques des programmes publics de Washington à destination de l'Amérique Latine, de George Bush père à George Bush fils (1988-2008)". Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP Cholula, Puebla (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l'Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue universitaire semestrielle et en parallèle, organise des événements dans différents pays. Par ailleurs, il dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) au sein de la UDLAP dont la publication d'un livre sur les institutions politiques du monde musulman contemporain en espagnol au cours de l'année 2019 connaît un franc succès. De plus, il publie des articles académiques pour des revues universitaires et scientifiques marocaines, mexicaines et colombiennes tout en participant à des conférences/congrès au Maroc, en France, en Colombie et au Mexique.

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