QUEL CINÉMA MAROCAIN?

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Cinéma Palace (À l'affiche : le film "Josette" avec Fernandel, sorti en 1937). Sous copyright.

Selon Sandra Gayle Carter “Quel cinéma marocain ? Une étude historique et critique”, elle décrit le Maroc par: Dans les pays en développement comme le Maroc qui, en effet, chevauchent le premier fossé entre le monde et le tiers monde, le cinéma occupe une place très particulière dans les efforts de l’État pour se définir. Le Maroc est qualifié de pays “en développement” parce que les concepts et les modes de vie modernes et traditionnels circulent au sein de la nation.

En fait, le Maroc pourrait être caractérisé comme une nation dont le peuple s’attaque quotidiennement à des formes de vie, de technologie et de mœurs modernes qui émergent rapidement et qui contredisent de nombreuses valeurs et modes traditionnels. Les films, la littérature et la recherche sur ce pays mettent en lumière les bouleversements, les perturbations et la confusion auxquels font face de nombreuses personnes alors que leur pays s’insère dans les sphères économiques et politiques mondiales.

Le cinéma, comme d’autres industries culturelles, occupe la position liminale de réifier à la fois le ” nouvel ” État et l’identité nationale, tout en étant l’outil prééminent pour révéler les perturbations et les aliénations qui en résultent. De plus, le cinéma est l’une des voies par lesquelles le pouvoir colonial continue à exercer et les relations centre-périphérie continuent à se jouer avec force, avec des effets sur la culture et les économies.

L’histoire, les politiques et les stratégies du cinéma marocain révèlent de nombreuses perturbations et aliénations causées par des identités et des identifications concurrentes. Alors que certains segments de la population veulent plus d’influence et de soutien européens dans le domaine du cinéma, d’autres segments veulent un cinéma marocain unique qui ne s’inspire pas des films en circulation dans le monde ou qui ne dépend pas de l’appui de l’Institut européen.

Certains au Maroc, satisfaits des relations de longue date entre les élites marocaines et la France, ne perçoivent aucun problème à maintenir la ” tutelle ” française du domaine cinématographique, tandis que d’autres Marocains estiment que la France exerce une influence indue sur le développement et la culture du Maroc et devrait être réglementée, minimisée, en faveur d’un développement plus ciblé et plus autochtone. Ce sont là quelques-uns des mêmes débats qui concernent l’impérialisme et les médias depuis des décennies dans de nombreux contextes.

 

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