Quand George Washington a écrit une lettre au Sultan du Maroc.

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Le portrait de George Washington. Sous Copyright.

Le traité d’amitié américano-marocain de 1786, ratifié par le Congrès de la Confédération aux termes des articles de la Confédération (avant la Constitution américaine), a été renégocié à l’occasion mais serait le plus ancien traité des États-Unis encore en vigueur et jamais rompu.

il est noté plus d’une fois que le Maroc avait effectivement tenté d’attirer l’attention depuis 1777, lorsque, le 20 décembre 1777, le sultan du Maroc, Sidi Mohammed bin Abdullah, également connu sous le nom de Sultan Mohammed III, a émis un décret autorisant navire portant le drapeau des nouveaux États-Unis d’Amérique, à mettre dans les ports marocains. Le Maroc et les États-Unis considèrent maintenant rétroactivement cela comme la première reconnaissance des États-Unis par une puissance étrangère. ( La France serait la deuxième, mais pas avant 1778. En 1776, un port des Indes néerlandaises a salué un navire battant pavillon américain, mais cela ne représentait pas le gouvernement hollandais, qui a finalement suivi l’exemple français.)

Le problème était, les États-Unis n’ont pas immédiatement remarqué. En fait, la veille du décret du sultan, le 19 décembre 1777, George Washington et l’armée continentale entrèrent dans un camp d’hiver au lieu-dit Valley Forge, Pennsylvanie, et passèrent un hiver où les rives ensoleillées du Maroc semblaient sans doute terriblement lointaines. les perspectives de gagner la guerre semblaient presque aussi lointaines.

Le mouvement du sultan intervient à un moment où la plupart des puissances européennes rendent hommage aux Etats nord-africains (“Barbary”) pour leur permettre de commercer; la Déclaration d’Indépendance américaine signifiait que l’hommage britannique ne leur accordait plus de privilèges.

En 1778, le sultan nomma un marchand français à Salé, près de Rabat, comme consul pour les pays non représentés par les consuls au Maroc. Caille écrit à Benjamin Franklin, le représentant américain à Paris, en 1778, suggérant des négociations pour un traité avec les États-Unis.

À la fin de 1780, selon une histoire publiée par l’ambassade des États-Unis au Maroc, le Congrès continental approuva l’idée, disant à Caille d’aller vers un tel traité. Mais ce n’est qu’après le traité de paix de 1783 avec la Grande-Bretagne que le projet a progressé. En mai 1784, le Congrès autorisa Franklin, John Adams (envoyé américain à Londres) et Thomas Jefferson (le nouvel envoyé à Paris) à négocier l’accord. En octobre 1784, un corsaire marocain s’empara d’un navire marchand américain dans l’Atlantique, et le sultan nota qu’il avait demandé un traité depuis plusieurs années. En 1785, Thomas Barclay, consul général des États-Unis à Paris, fut envoyé au Maroc pour négocier les conditions. Adams à Londres écrit à Jefferson à Paris:

Si M. Barclay entreprend le voyage, je ne cherche pas plus loin: nous ne pouvons trouver un homme plus régulier et plus prudent. Barclay atteint Marrakech, alors capitale du sultan, le 19 juin 1786. Le 28 juin, le traité est signé et scellé par le sultan.

Il fut valide pendant 50 ans et fut en effet renouvelé en 1836. Un article additionnel fut ajouté le 6 juillet 1786. Jefferson le signa à Paris le 1er janvier 1787; Adams a signé à Londres le 25 janvier et le Congrès de la Confédération l’a ratifié et il est entré en vigueur le 18 juillet 1787. Il reste en vigueur.

Avant d’arriver à la lettre de Washington au sultan, une note de côté: en 1821, le successeur du sultan a donné aux États-Unis la propriété qui est devenue le consulat américain à Tanger. (Le premier consul était arrivé en 1797.) Ce site est maintenant la propriété diplomatique américaine la plus ancienne à l’usage continu, et il fut la première propriété extraterritoriale outre-mer nommée au Registre national des lieux historiques et désignée lieu historique national. Il a servi de légation américaine jusqu’en 1956, quand avec l’indépendance marocaine, une ambassade a été ouverte à Rabat, et aujourd’hui il est l’Institut d’études marocaines de la légation de Tanger, avec un musée et un centre culturel.

Le texte, tiré du site Web de Mount Vernon:

    Ville de New York 1er décembre 1789

Grand et Magnanime Ami,

Depuis la date de la lettre que le dernier Congrès a adressée à Votre Majesté impériale par le Président, les Etats-Unis d’Amérique ont jugé bon de changer de gouvernement et d’en instituer un nouveau, conforme à la Constitution, dont j’ai l’honneur , ci-joint, pour joindre une copie. Le temps nécessairement consacré à la tâche ardue et les désagréments occasionnés par une révolution aussi grande quoique pacifique, s’excuseront, et rendront compte que Votre Majesté n’a pas reçu ces marques d’attention régulières des Etats-Unis que l’amitié et la magnanimité de votre conduite vers eux leur donnait des raisons d’espérer.

Les États-Unis, ayant unanimement nommé à l’autorité exécutive suprême dans cette nation. La lettre de Votre Majesté du 17 août 1788, qui, par suite de la dissolution du dernier gouvernement, est restée sans réponse, m’a été remise. J’ai également reçu les lettres que Votre Majesté Impériale a bien voulu écrire aux Bashaws de Tunis et de Tripoli, en faveur des Etats-Unis, et je vous présente les sincères remerciements et remerciements des Etats-Unis pour cet important marque de ton amitié pour eux.
Nous regrettons vivement que la disposition hostile de ces régences envers cette nation, qui ne les a jamais blessés, ne soit pas supprimée, selon les termes de notre pouvoir de se conformer.

Dans nos territoires, il n’y a pas de mines, d’or ou d’argent, et cette jeune nation qui vient de se remettre du gaspillage et de la dissolution d’une longue guerre n’a pas encore eu le temps d’acquérir des richesses par l’agriculture et le commerce. Mais notre sol est abondant, et notre peuple industrieux, et nous avons raison de nous flatter que nous deviendrons peu à peu utiles à nos amis.

L’encouragement que Votre Majesté a voulu généreusement donner à notre commerce avec vos États, la ponctualité avec laquelle vous avez fait observer le traité, et les mesures justes et généreuses prises dans le cas du capitaine Proctor, une profonde impression sur les États-Unis et confirme leur respect et leur attachement à Votre Majesté Impériale.

Je suis très heureux d’avoir l’occasion d’assurer Votre Majesté que, tant que je resterai à la tête de cette nation, je ne cesserai de promouvoir toutes les mesures qui peuvent conduire à l’amitié et à l’harmonie qui subsistent si heureusement entre votre Empire et eux. et je m’estimerai heureux en toute occasion de convaincre Votre Majesté du bon sens (qui, en commun avec toute la nation), j’éprouve la magnanimité, la sagesse et la bienveillance de Votre Majesté.

Que le Tout-Puissant bénisse Votre Majesté Impériale, notre Grand et Magnanime ami, avec Ses conseils et sa protection constants.


George Washington

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