L’ÉVOLUTION DE L’ÉTAT DU DJIHAD CHARIFIEN AU MAROC

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Dans le livre d’Amira K. Bennison intitulé “Jihad et son interprétation au Maroc précolonial”, elle décrit les antécédents historiques de l’État du Djihad charifien au Maroc :

L’État du Djihad sharifien du XIXe siècle au Maroc est le produit de siècles d’interaction entre les tribus berbères du Maghreb occidental, l’Islam et les populations arabes entrantes. Après la quête arabo-islamique de l’Afrique du Nord à la fin du VIIe au VIIIe siècle après J.-C., différentes formes politiques émergèrent au fur et à mesure que les processus lents et discrets d’islamisation et d’arabisation se développaient.

Situées entre les pôles culturels émergents d’Ifriqiya et d’Al-Andalus, les provinces berbères occidentales à peine conquises des empires omeyyades puis abbassides étaient un refuge idéal pour les doctrines politico-religieuses des tribus berbères et des états urbains établis qui sont devenus les centres de réseaux commerciaux et de diffusion de l’Islam chez les berbères.

Les premiers États de ce type étaient Rustamid Tahart et Midrärid Sijilmasa fondé par Kharijis. Abdallah, descendant du Prophète et réfugié de la persécution abbasside. Dans la formation de la direction charismatique de chacun de ces États, une doctrine politico-religieuse distincte et le soutien d’une tribu ou d’un groupe tribal étaient essentiels, préfigurant les grandes entreprises politico-religieuses berbères des XIe et XIIe siècles, les mouvements Almoravide et almohade.

Les Mérinides ont renforcé leur politique d’Idrisi en s’efforçant de renforcer l’emprise de l’orthodoxie urbaine textuelle dans leurs domaines, s’assurant ainsi le soutien de l'”Oulma” urbain. Il s’agit de la création de collèges théologiques résidentiels (madrasa), une institution nouvelle dans le monde islamique occidental, à Fès et dans plusieurs villes de province.

Les Madaris mérinides ont dispensé un enseignement standardisé en sciences religieuses islamiques à un grand nombre d’étudiants, formant ainsi un corps d’oulémas plus ou moins loyaux capable de légitimer des politiques sultanistes en accord avec l’Islam.

Le but de cet ensemble de politiques était de transformer une lignée de seigneurs de guerre tribaux en sultans dont le pouvoir temporel était légitimé par leur dévouement au maintien et à la protection du patrimoine des souverains islamiques occidentaux emblématiques, Idris I et Idris II.

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