LES RACINES HISTORIQUES : LE MONARQUE ALAWI

0
273
SOUS COPYRIGHT

Dans son livre “Maroc : Les défis de la tradition et de la modernité”, décrit James N. Sater :

La continuité est l’un des principaux objectifs politiques du Royaume en raison du long héritage de son existence qui précède le règne colonial de plus d’un millénaire. La monarchie marocaine est l’une des plus anciennes du monde, remontant au huitième siècle lorsque Moulay Idriss, descendant du prophète Mohamed, s’est réfugié dans les collines autour de Meknès et a fondé ce qui allait devenir la première dynastie musulmane du Maroc :

La dynastie des Idrissi. Depuis lors, le pouvoir des sultans marocains s’est concentré dans les villes souvent utilisées comme capitales par les nouvelles dynasties, comme Fès, Meknès et Marrakech.

En retour, une grande partie du paysage montagneux est restée hors de contrôle direct. Ici, la société tribale principalement amazighe (…) constituait ce que les ethnographes français appelleront plus tard Bled es siba, une société tribale indisciplinée que le pouvoir du sultan n’atteindrait pas avec la conséquence que les impôts ne seraient pas perçus. Les zones sous le contrôle du Sultan seraient nommées Bled al makhzen, les taxes étaient payées. Le mot arabe Makhzen, devenu synonyme d’État, a une connotation financière et signifie ” trésorier “.

La dynastie Alawi actuelle date du XVIIe siècle. Le groupe de parenté Alawi a ses racines géographiques dans l’oasis de Tafilalet dans le sud-est du Maroc, près de l’actuelle Algérie. Après une période de troubles civils après le déclin de la dynastie Saadi et de sa capitale Marrakech, les Alaouites ont consolidé leur emprise sur le pouvoir en 1668 lorsque Moulay Rachid a détruit une formation tribale rivale, la zawiyya de El Dila. Son successeur, Ismaïl Ier, installa la première capitale des Alaouites à Meknès et consolida le pouvoir alaouite par l’utilisation d’une armée d’esclaves largement noire.

L’expérience coloniale a profondément transformé la monarchie : la sécurité, les relations extérieures, la politique économique étaient contrôlées par les administrateurs coloniaux, la résidence générale. En plus de la pénétration culturelle d’une importante communauté de colons, tout cela signifiait que la monarchie était privée de sa fonction vitale d’exercice du pouvoir.

[…]

L’alliance qui s’ensuivit, composée du Sultanat et de la Résidence, mit les sources traditionnelles du pouvoir et son administration à la disposition des Français. Cela risquait de délégitimer sérieusement la monarchie aux yeux du mouvement nationaliste et du mouvement de réforme islamique (Salafiyya) qu’elle inspirait. Ce n’est qu’en avril 1947 que le sultan Mohamed annonça publiquement sa faveur pour l’indépendance après la visite historique à Tanger, croyant au soutien des Etats-Unis à l’indépendance du Maroc.

Cet acte, ainsi que sa confrontation croissante avec la Résidence et le choix de plus en plus franc du mouvement nationaliste d’élever le sultan Mohamed au rang de symbole de la souveraineté marocaine, ont renforcé son prestige comme signe de continuité de l’Etat marocain.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here