LES GENS DE SALÉ

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“Les hommes ressemblent plus à leurs temps qu’à leurs aïeux” Proverbe Arabe.

Dans le livre de Kenneth L. Brown, “Les gens de Salé: tradition et changement dans une ville marocaine…”, il décrit dans sa préface sur la culture citadine à Salé:

L’une des figures emblématiques du Mouvement national à Salé, signataire du Manifeste de l’indépendance, s’étonnait, récemment d’un phénomène paradoxal qui touche, d’ailleurs, l’ensemble des villes anciennes du Maroc: C’est que plus la croissance urbaine s’accentue et plus la présence des citadins diminue et plus leur nombre décroît dans la masse de la population. Ce phénomène lui apparut brutalement au spectacle de la montée massive des baigneurs, à la fin d’une journée ensoleillée, de la plage vers la ville.

Ce citadin, qui a traversé le siècle et connu personnellement la plupart des Slawis, ne reconnaissait dans cette foule bigarrée aucun visage familier. Le crépuscule de cette belle journée d’été marquait symboliquement celui d’une société citadine perdue dans les vacarmes de ce siècle. Dorénavant, le lien avec la ville de l’écrasante majorité des habitants relève davantage de l’ordre de la résidence que de celui de l’appartenance identitaire.

Il eut, en outre, une conscience encore plus aiguë de cette situation lors d’une circonstance significative de la vie de la cité. La communauté des citadins de toutes conditions avait l’habitude de se retrouver chaque année à la Grande Mosquée, à l’aube naissante, avant la prière du Fajr, pour la célébration du Mawlid, anniversaire de la naissance du Prophète. Cette cérémonie, célébrée dans une grande ferveur exprimait l’unité culturelle et religieuse de la communauté citadine, autour du symbole prophétique.

La société citadine semble ainsi déserter l’espace religieux, un espace symbolique de l’unité de la ville, à un moment hautement significatif du rituel des célébrations.[…] Les signes du développement de la ferveur religieuse se multiplient parmi les citadins. Leur conception de l’Islam reste, cependant, empreinte de tolérance et de capacité d’adaptation. C’est plutôt la perte de repères pour l’exercice de certains rituels qui frappe le plus.

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