LE MILIEU PROPOSE, L’HOMME DISPOSE

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MARCHE VERTE EN 1975. SOUS COPYRIGHT.

Dans le livre “Histoire du Maroc” de Daniel Rivet, il décrit sur une partie de son livre sur le Maroc, en disant:

Le Maroc se présente à notre regard d’hommes du XXIème siècle comme un Finistère du Maghreb et un prolongement de la péninsule Ibérique. Aucun déterminisme physique ne l’enferme dans une seule dimension. Tantôt l’histoire a privilégié un dispositif zonal en Afrique du Nord en la découpant en bands glissant le long des parallèles: Le Nord montagneux, humide et boisé, les hautes plaines et plateaux steppiques du centre, l’Atlas et son revers saharien. Tantôt elle a valorisé l’axe méridien.

Dès l’époque romaine s’opère une tripartition entre Afrique Proconsulaire, Numidie et Mauritanie, qui préfigure les trois entités étatiques contemporaines. En dernière instance, ce n’est pas le milieu physique qui l’emporte, mais le cours des évènements historiques.

Si bien que le Maroc, loin d’avoir été une donnée établie une fois pour toute, a été une création continue, comme le montre un premier coup d’œil sur la formation de son territoire. Néanmoins, les contraintes du milieu physique imposent à l’homme de s’adapter avec des moyens qui ne varient guère du néolithique au XIXème siècle, en dehors de l’espace construit par l’irrigation à partir du Xème.

Au début du Xxème siècle, la France et l’Espagne se taillèrent dans les marges sahariennes du Maroc des territoires de pleine souveraineté, elles durcirent la notion, si élastique, de confins et se constituèrent d’une et l’autre un Sahara, l’un, français, donc algérien, aux dépens du Maroc du côté du Touat et de ses prolongements, l’autre, espagnol, tirant sa légitimité d’un hypothétique presidio remontant à la fin du Xvème siècle.

La Marche verte de 1975 est à lire à l’aune de ce processus de rapetissement territorial continu du Maroc depuis les Mérinides, parachevé par la mise en dépendance coloniale. Pour la première fois depuis des siècles, le territoire du Maroc cessait de s’amenuiser et même se dilatait en direction du sud. La Marche verte réactualisait de vieux souvenirs historiques remontant au temps des almoravides.

Bref, elle réactivait un ingrédient fort de la psychologie des profondeurs d’un peuple qui vibra à l’unisson. L’annexion de la Seguia al-Hamra, en 1975, complété par celle du Rio de Oro, en 1979, laissé en déshérence par la Mauritanie, fu pour une part une revanche sur les disgrâces d’une histoire pluriséculaire et sur l’impérialisme européen.

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