La ligue arabe : quand le rêve de l’unité fait face à la réalité de la dislocation

0
2465

En 2015, la ligue arabe célébrait son soixante-dix-septième anniversaire. Si l’organisation régionale ne comptait à ses débuts que sept Etats membres, elle est dorénavant composée d’un total de vingt-deux Etats membres.

Si l’idée de l’unité arabe existe depuis plusieurs siècles, il a fallut attendre la seconde guerre mondiale pour que l’idée commence réellement à germer. En effet, dans un contexte de croissance des mouvements populaires et des activités de résistance contre la colonisation, ainsi que de la croissance exponentielle de l’activité sioniste, l’idée d’une unité arabe devenait indispensable.

A l’initiative du premier ministre égyptien Moustapha El-Nahhas, le premier ministre syrien Jamil Mardam et le président de la coalition libanaise Béchara El-Khoury furent invités au Caire pour réfléchir à la mise en place d’une ligue arabe. De là, un ensemble de concertations eurent lieu entre l’Egypte d’un côté et les représentant de l’Irak, de la Syrie, du Liban de l’Arabie Saoudite,de la Jordanie etdu Yemen de l’autre. Au terme de ces concertations, deux directions à ce projet furent clairement dégagées : la première consistant en une unité régionale sectorielle basée sur ce qui était appelé à l’époque la grande Syrie et le croissant fertile. La seconde invitait à une plus grande unité rassemblant l’ensemble des pays arabes indépendants.

Plus tard, une commission composée des représentants de la Syrie, du Liban, de la Jordanie, de l’Irak, de l’Egypte et du Yémen (en sa qualité d’observateur) fut réunie du 25 septembre au 7 octobre 1944 et l’appellation de « ligue arabe » fut attribuée à ce projet ambitieux. Le protocole d’Alexandrie instituant la ligue  fut signé par les représentants susmentionnés en la date du 7 octobre 1944. Notons que l’Arabie saoudite et le Yémen n’ont signé le protocole qu’en 1945.

Le Maroc, sous protectorat lors de la mise en place de la ligue arabe n’a intégré cette dernière que le 1er octobre 1958, soit près de deux ans après son indépendance.

Notons que l’euphorie existante lors de la mise en place de cette organisation s’est vite trouvée confrontée à la dure réalité d’un  monde arabe fracturé, incapable de faire entendre sa voix à l’unisson sur la scène internationale et incapable d’empêcher ou de mettre fin à des conflits dévastateurs tels que l’invasion de l’Irak en 2003 ou encore de trouver des solutions aux crises syriennes et yéménites.

A l’occasion du 29ème sommet qui s’est tenu le,15 avril de l’année en cours à Dhahran en Arabie Saoudite, le royaume fut représenté par son altesse royale le prince Moulay Rachid. Dans un contexte marqué par un monde arabe à feu et à sang, les principales questions discutées lors de ce sommet tournèrent autour de la Palestine et notamment la décision du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, la crise syrienne qui rentre dans sa septième année de conflit et le Yémen.

 

 

Soulignons qu’en dépit de la multiplication des réunions de crises, et de communiqués officiels condamnant la décision du président américain,  demain, le lundi 14 mai 2018, l’administration de Trump entreprendra le transfert effectif de l’ambassade de l’oncle Sam à Jérusalem, entrainant ainsi la reconnaissance tacite de la ville sainte en tant que capitale d’Israël.

Ainsi donc, les paroles de Joulia Boutros qui chantait en 2011 «  où sont les millions de personnes, où est le peuple arabe, où est la colère arabe, où est la fierté arabe ? » font plus que jamais écho à la triste réalité que connait cette région du monde.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here