L’ ÂME MAROCAINE: EMPIRE ET EDUCATION

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LA VIE AU MELLAH DE TAOURIRT D'AUTREFOIS. TAOURIRT. SOUS COPYRIGHT.

Dans son livre “L’âme marocaine : l’éducation française, l’ethnologie coloniale et la résistance musulmane” de Spencer D. Segalla:

Quel rêve, dont beaucoup d’entre vous rêvent avec moi, parmi tous ces désordres qui secouent le monde à tel point qu’on se demande quand et comment il retrouvera un jour son équilibre, au Maroc un édifice solide sera construit, ordonné et harmonieux ; il offrira le spectacle d’une humanité où des hommes aux origines, habitudes, professions et races si diverses, poursuivent, sans renoncer à aucune conception individuelle, la recherche d’un idéal commun et d’une logique commune pour vivre. Oui, j’ai rêvé que le Maroc apparaîtrait comme l’un des plus solides bastions d’ordre contre la mer de l’anarchie. | Résident-général Louis-Hubert Lyautey, 1921

Situé au nord-ouest de l’Afrique, le Maroc a longtemps été un carrefour, un lieu d’interaction où marchands, soldats, prédicateurs et enseignants d’Europe, d’Afrique et d’Arabie pratiquaient leurs métiers et travaillaient nos stratégies de survie, de domination et de résistance. Les Phéniciens du Levant, les Romains et les Vandales du Nord, les Arabes de l’Est et les populations berbères locales ont tous trouvé au Maroc un lieu de contestation.

Les puissants d’entre eux ont cherché, par divers moyens, à dominer la culture et les discours des régions qu’ils contrôlaient, afin de maximiser leur propre influence politique et sociale. Pendant ce temps, les faibles poursuivaient des stratégies de survie et d’autoperfectionnement, tout en ” détournant, s’appropriant ou réinterprétant les enseignements et les prédications qui leur étaient imposés “.

Au début du XXe siècle, ce sont les Français qui ont envahi le Maroc, sous couvert de “protectorat”, de 1912 à 1956.

Géographiquement, le Maroc présente une ressemblance générale avec la Californie. Des falaises abruptes jouxtent un front de mer occidental bordé de palmiers ; les plaines côtières cèdent la place aux contreforts, puis aux montagnes. Au sud, et à l’est des montagnes, se trouvent des déserts caillouteux. La géographie humaine du Maroc est également diversifiée.

Pendant la période coloniale, les dialectes arabes étaient parlés principalement dans les villes et certaines parties de la plaine côtière, tant par la majorité musulmane que par la minorité juive. Ailleurs, les peuples tribaux parlaient des dialectes berbères : Tarifat dans les montagnes du Rif au nord, Tashelhait dans le sud aride, et Tamazight dans les montagnes de l’Atlas.

Dans ces régions de langue berbère, l’arabe classique, la langue sacrée du Coran, était utilisée par les musulmans à des fins religieuses, mais la plupart d’entre eux la comprenaient peu.

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