#EditoDeMexico3 : Les relations entre le Maroc et la Russie, une liaison gagnante-gagnante ?

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Chaque semaine, retrouvez l’Edito de Mexico sur DiscoveryMorocco.net dont l’auteur est  Mohamed Badine El Yattioui, docteur en Science Politique de l’université de Lyon (France). Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l’Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue semestrielle et qui organise des événements dans différents pays et dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman).

Le 1er septembre 2018, le Maroc et la Russie ont célébré les soixante ans de l’établissement de leurs relations diplomatiques (à l’époque avec l’URSS). La visite officielle effectuée par Serguei Lavrov, les 24 et 25 janvier 2019, au Maroc s’inscrit dans le cadre d’une tournée régionale au Maghreb. Lavrov a été reçu par SM le Roi et s’est entretenu avec son homologue Nasser Bourita. Le contexte international lui donne une certaine importance que nous allons tenter d’expliquer.

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Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita avec son homologue russe Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à Rabat, le 25 janvier 2019.

Pour rappel, deux documents signés à Moscou sont importants. La déclaration de partenariat stratégique signée entre la Russie et le Maroc en 2002 et la déclaration d’un partenariat stratégique approfondi lors de la visite du roi Mohammed VI en mars 2016. A cela s’ajoute la visite officielle du Premier ministre Dimitri Medvedev à Rabat en octobre 2017, au cours de laquelle les deux pays ont signé onze accords de coopération.

Sur le plan économique, fin janvier, les deux pays ont une volonté de créer une zone de libre-échange entre les deux pays d’ici un an et la Russie entend participer à la construction d’un gazoduc au Maroc. Notons qu’en 2018, selon l’agence de presse RIA Novosti, le nombre de touristes russes au Maroc pourrait atteindre 55 000 personnes, soit une hausse de 10% par rapport à 2017. Les échanges commerciaux se sont développés de 13% en 2018.

Le Maroc revendique une diplomatie marquée par l’équilibre entre les puissances régionales et internationales et cherche à diversifier ses partenaires. De son côté la Russie a organisé un forum social Russie-Afrique en octobre 2018 et va organiser en octobre 2019 à Sotchi, un Sommet Russie-Afrique. Moscou insiste sur la nécessité d’approfondir les échanges commerciaux et la nécessité d’un monde multipolaire. Et il faut reconnaitre qu’elle a de nombreux atouts étant membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, producteur de gaz et de pétrole et producteur d’armes. Le Maroc, lui, est une portée d’entrée économique vers le marché africain et promeut la stabilité de l’espace sahélien.

Reste la question centrale des Provinces du Sud. Si historiquement l’URSS était proche de la position algérienne, principalement dû au fait que 90% de l’armement algérien provenait de Moscou, les choses semblent lentement évoluer. La Russie semble plus pragmatique sur le dossier du Sahara et plus équilibré. Le Maroc se doit donc d’approfondir son partenariat stratégique avec ce membre du Conseil de Sécurité de l’ONU. Cela devient une nécessité.

 

 

 

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El Yattioui Mohamed Badine, né en France de parents marocains, est docteur en Science Politique de l'université de Lyon (France). Il a rédigé une thèse intitulée "Les enjeux géostratégiques des programmes publics de Washington à destination de l'Amérique Latine, de George Bush père à George Bush fils (1988-2008)". Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP Cholula, Puebla (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l'Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue semestrielle et qui organise des événements dans différents pays et dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) au sein de la UDLAP qui s'apprête à publier un livre sur les institutions politiques du monde musulman contemporain en espagnol. Il a publié des articles académiques pour des revues marocaines, mexicaines et colombiennes et a participé à des conférences au Maroc, en France, en Colombie et au Mexique.

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