#EditoDeMexico14 : La nécessité de coopération et de coordination au niveau international dans la lutte contre le terrorisme. L´apport du Maroc.

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Chaque semaine, retrouvez l’Edito de Mexico sur DiscoveryMorocco.net dont l’auteur est Mohamed Badine El Yattioui, docteur en Science Politique de l’université de Lyon (France). Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l’Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue semestrielle et qui organise des événements dans différents pays et dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) ILM .

La lutte contre le terrorisme est l’une des luttes les plus importantes de notre époque. Le problème est qu’il n’existe pas de définition du terrorisme acceptée au niveau international.

L’Assemblée générale des Nations Unies (1994) le définit comme “les actes criminels à visée politique conçus ou envisagés pour provoquer la terreur chez le grand public”. Une définition large et imprécise qui satisfait le plus grand nombre.
À l’heure actuelle, il existe une utilisation et une déformation idéologique et politique de la religion musulmane chez certains groupes, les plus célèbres étant Al-Qaïda et Daesh. Traditionnellement, la lutte contre ces organisations se fait par l’intermédiaire de l’État et des services de renseignement nationaux. Les services de renseignement de différents pays entretiennent depuis longtemps une coopération importante, même si nous sommes actuellement confrontés à de nouveaux problèmes en raison de la présence d’un très haut niveau technologique chez de nombreux groupes terroristes. La lutte contre le terrorisme est une priorité de la sécurité nationale. Les services de renseignement marocains ont constitué une source d’informations sur les réseaux transnationaux de terroristes pour plusieurs pays, dont le Sri Lanka récemment. Le Maroc, du fait de son expertise, peut et doit jouer un rôle dans ce domaine. Par ailleurs, il est l’un des rares pays de la región MENA à participer au Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF). Une structure à renforcer.

Plus qu’un simple problème de sécurité internationale (globale?), il s’agit de plus en plus d’un problème de gouvernance globale. À ce stade, il est important de rappeler que la sécurité globale se définit comme « la capacité d’assurer, à une collectivité donnée et à ses membres, un niveau suffisant de prévention et de protection contre les risques et les menaces de toutes natures et de tous impacts, d’où qu’ils viennent, dans des conditions qui favorisent le développement sans rupture de la vie, des activités collectives et individuelles » (INHES, 2003). La gouvernance globale “vise à combler ce décalage entre l’unicité croissante du marché et la pluralité des États, entre l’économique et le politique ; à cette fin, le concept pose que des capacités de décision et une certaine forme d’organisation politique sont nécessaires à l’échelle où s’opère l’intégration des économies, c’est-à-dire au niveau planétaire” (Andréani, 2001).

Les organisations internationales ont une importance limitée dans la lutte contre le terrorisme. Ils soutiennent les États, mais sans pouvoir réel. Le droit international public et la souveraineté nationale constituent les limites les plus importantes. Il est donc nécessaire d’unifier la lutte au niveau politique et sécuritaire. Le FMI mène sa propre lutte financière contre le terrorisme. L’ONU semble être l’institution qui a le plus de légitimité pour le faire. C’est pourquoi une autre vision de la sécurité globale est nécessaire pour que les États comprennent les changements de paradigme.

Un véritable système de sécurité avec ses propres institutions et sa propre méthodologie est nécessaire. C’est pourquoi nous parlons également de gouvernance globale. Nous savons que le problème n’est pas simple, mais les menaces sont si nombreuses et si différentes qu’il s’agit d’une nécessité. Comme nous l’avons défini au début, les mots clés en matière de prévention du terrorisme sont donc coopération et coordination.

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El Yattioui Mohamed Badine, né en France de parents marocains, est docteur en Science Politique de l'université de Lyon (France). Il a rédigé une thèse intitulée "Les enjeux géostratégiques des programmes publics de Washington à destination de l'Amérique Latine, de George Bush père à George Bush fils (1988-2008)". Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP Cholula, Puebla (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l'Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue semestrielle et qui organise des événements dans différents pays et dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) au sein de la UDLAP qui s'apprête à publier un livre sur les institutions politiques du monde musulman contemporain en espagnol. Il a publié des articles académiques pour des revues marocaines, mexicaines et colombiennes et a participé à des conférences au Maroc, en France, en Colombie et au Mexique.

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