#EditoDeMexico 70 : Terrorisme au Sahel, quelles réponses ?

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Mohamed Badine El Yattioui, docteur en Science Politique de l’université de Lyon (France). Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l’Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue semestrielle et qui organise des événements dans différents pays et dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) ILM.

Depuis 2011, la situation au Sahel s’est aggravée et l’insécurité s’est étendue à la Libye. En réalité, depuis le début des années 2000 les forces de sécurité algériennes ont intensifié leur pression sur le GSPC et AQMI ce qui a poussé vers le sud, ces groupes armés qui ont commencé à déstabiliser le Sahel, profitant de la faiblesse des autorités locales.

Aujourd’hui, trois “zones” terroristes s’ouvrent, Une au nord de la Libye, où ISIS opère, une autre au sud dans le bassin du lac Tchad, où Boko Haram est basé, et une troisième au Mali, où il existe diverses organisations sous l’égide d’Al -Qaïda au Maghreb islamique. En raison du problème de sécurité régionale et de la faiblesse des acteurs locaux, l’Europe décide d’intervenir, avec les opérations Serval et Barkhane, coordonnées par la France. Malgré tout, les États du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) font face à des faiblesses structurelles telles que la sécurité, la gouvernance institutionnelle et la politique économique.

Pour le Maroc, cela est inquiétant car ces groupes ignorent les frontières et déstabilisent toute la région sahélienne, et se rapprochent. Le Royaume utilise notamment l´arme de la diplomatie religieuse comme un instrument de son “soft power”. Les imams de ces pays sont formés, en grande partie, au Maroc. L’étude des questions de sécurité et de l’Etat de droit au Sahel nous fait remettre en cause plusieurs éléments importants. Surtout, la mise en œuvre régionale de tout type de politique n’est pas réalisable sans d’abord comprendre le contexte colonial et postcolonial de chaque entité qui compose le G5.

Il est clair que les défis actuels qui ont provoqué l’instabilité de la région ne peuvent pas être relevés de manière unidimensionnelle, ceci en raison de la faiblesse même des États. Des situations qui menacent l’Etat de droit telles que les frontières poreuses, l’évolution des groupes hybrides et des crises économiques et sociales.

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El Yattioui Mohamed Badine, né en France de parents marocains, est docteur en Science Politique de l'université de Lyon (France). Il a rédigé une thèse intitulée "Les enjeux géostratégiques des programmes publics de Washington à destination de l'Amérique Latine, de George Bush père à George Bush fils (1988-2008)". Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP Cholula, Puebla (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l'Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue universitaire semestrielle et en parallèle, organise des événements dans différents pays. Par ailleurs, il dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) au sein de la UDLAP dont la publication d'un livre sur les institutions politiques du monde musulman contemporain en espagnol au cours de l'année 2019 connaît un franc succès. De plus, il publie des articles académiques pour des revues universitaires et scientifiques marocaines, mexicaines et colombiennes tout en participant à des conférences/congrès au Maroc, en France, en Colombie et au Mexique.