#EditoDeMexico 69 : Hommage à Abderrahmane El Youssoufi, un homme d’honneur

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Mohamed Badine El Yattioui, docteur en Science Politique de l’université de Lyon (France). Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l’Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue semestrielle et qui organise des événements dans différents pays et dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) ILM.

Le Maroc a perdu l’un de ses derniers géants, si ce n’est le dernier.

Si Abderrahmane El Youssoufi, ancien Premier Ministre de SM Hassan II et de SM Mohammed VI s’est éteint à Casablanca à l’âge de 96 ans.

Né en 1924 à Tanger, il symbolisait parfaitement cette ville unique : Marocain et ouvert sur le Monde.

Résistant face au colonialisme, patriote dévoué, il a su dire non quand son pays semblait aller vers l’abîme. Il fut condamné pour ses idées. Il s’est exilé et a plaidé la cause des Droits de l’Homme partout dans le Monde.

Leader de l’USFP et figure du Mouvement National, il a surtout été un véritable homme d’Etat. Il est le seul leader de l’opposition a avoir été appelé pour gouverner, dans le monde arabe.

Il restera dans l’Histoire comme étant le seul à avoir dirigé le gouvernement sous deux monarques avec la fameuse Koutla.

Sa simplicité, son courage et sa détermination me manquent déjà.

Une phrase qui démontre l’homme d’Etat qu’il était:
“Nous devions choisir entre la participation au gouvernement au moment où l’on savait que l’état de santé de notre roi était préoccupant (…) ou bien attendre l’intronisation de notre nouveau souverain pour négocier avec lui les modalités de participation (…) Nous avons privilégié l’intérêt de notre pays.”

Il a tenu ses propos au sujet de l’Alternance lors de l’été 1999, entre la disparition de Hassan II et la montée sur le trône de Mohammed VI.

Si Youssoufi nous manque déjà et l’émotion immense suscitée par sa disparition démontre l’attachement des Marocains à cet homme honnête et incorruptible. En Somme, un patriote.