#EditoDeMexico 59 : Le Maroc et les pays du Golfe, une position d´équilibriste difficile mais nécessaire…

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2025

Mohamed Badine El Yattioui, docteur en Science Politique de l’université de Lyon (France). Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l’Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue semestrielle et qui organise des événements dans différents pays et dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) ILM.

Depuis mai 2017, les relations sont plus que tendues entre le Qatar et l’axe saoudo-émirati. Des considérations géopolitiques complexes en sont la cause. Le rapport à l’islam politique post-2011 et la place importante prise par Doha y sont pour beaucoup.

Le Maroc a toujours eu et maintenu de bonnes relations avec ces trois pays du fait de la profondeur des liens entre familles régnantes. Des relations que cette crise de deux ans ne semblait pas changer. Malgré tout, ces derniers mois, des tensions semblent se dessiner avec l’axe Riyad-Abu Dhabi du fait de l’intransigeance des ces derniers. Ils ne semblent pas accepter l’indépendance diplomatique marocaine de maintenir de bonnes relations avec tous et de rapprocher les points de vue.

Or, pour des raisons non explicitées officiellement, la représentation des Émirats Arabes Unis à Rabat est gérée, depuis un an par un simple cadre administratif chargé des affaires consulaires. Par ailleurs, le Maroc a rappelé son ambassadeur à Abu Dhabi et sa représentation est elle aussi réduite à un seul agent…

La situation était assez semblable avec Riyad. Il a fallu attendre fin février pour qu’après plusieurs mois de tensions, le conseiller royal Fouad Ali El Himma et Nasser Bourita soient reçu par le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane. Rappelons que l´Arabie Saoudite n’a pas voté pour la candidature marocaine afin d’organiser le Mondial de football 2026…

Reste le Qatar. Les Forces Spéciales Marocaines (FSM) y est, pour participer à l’exercice interarmées “Imprenable Guard”, du 8 au 27 mars 2020. Le Royaume y participe avec la Jordanie, la Turquie, le Pakistan, Oman, les États-Unis, la France et le Rwanda entre autres. De plus, le Maroc semble disposé à apporter au Qatar tous les moyens humains et logistiques pour le Mondial 2022 de football. Dans ce Moyen-Orient si complexe, la position sage et équilibrée du Maroc ne semble pas comprise…

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El Yattioui Mohamed Badine, né en France de parents marocains, est docteur en Science Politique de l'université de Lyon (France). Il a rédigé une thèse intitulée "Les enjeux géostratégiques des programmes publics de Washington à destination de l'Amérique Latine, de George Bush père à George Bush fils (1988-2008)". Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP Cholula, Puebla (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l'Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue universitaire semestrielle et en parallèle, organise des événements dans différents pays. Par ailleurs, il dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) au sein de la UDLAP dont la publication d'un livre sur les institutions politiques du monde musulman contemporain en espagnol au cours de l'année 2019 connaît un franc succès. De plus, il publie des articles académiques pour des revues universitaires et scientifiques marocaines, mexicaines et colombiennes tout en participant à des conférences/congrès au Maroc, en France, en Colombie et au Mexique.