#EditoDeMexico 54: 1 an après le début du “Hirak”, où en est l’Algérie ?

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Mohamed Badine El Yattioui, docteur en Science Politique de l’université de Lyon (France). Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l’Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue semestrielle et qui organise des événements dans différents pays et dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) ILM.

Si le nouveau président Tebboune veut tourner la page de “l’époque Bouteflika” et de la transition pilotée par Gaïd Salah, après une année 2019 compliquée; l’Algérie est face à une multitude de problèmes ces derniers jours et ils ne sont pas politiques. Élargissons la perspective.

Daesh a revendiqué ce mardi un attentat ayant eu lieu dimanche 9 février contre une base militaire, dans le sud de l’Algérie, proche de la frontière malienne. Cette zone est depuis des années menacée par AQMI. Depuis quelques mois, une cellule de DAESH, en provenance de Libye, semble s’être installée. Un problème important sur le plan sécuritaire. Mais ce n’est pas tout car les soucis sont aussi financiers.

«L’Algérie a connu au cours de ces dernières années une gestion catastrophique de l’État» selon le Premier ministre Abdelaziz Djerad. Il a prononcé cette phrase devant les députés le mardi 11 février. Afin de demontrer ses propos il a précisé que la dette publique était passée de 26% du PIB en 2017 à 45% en 2019. De plus, le déficit commercial s’élève désormais à 10 milliards de dollars. Enfin les réserves de change ont fondu en passant de 179 milliards de dollars en 2014, à 62 milliards en 2019. Le gouverneur de la Banque centrale a affirmé qu’elles atteindront 51,6 milliard de dollars fin 2020.

La situation financière de l’Algérie est fragile selon lui car elle reste tributaire des exportations d’hydrocarbures et de l’instabilité de leurs prix. Le gouvernement a donc décidé d’élaborer une loi de finances complémentaire pour corriger la Loi de Finances 2020. Cela suffira-t-il à enrayer cette situation compliquée ? Il est permis d’en douter tant le problème est profond et structurel.

La question de la représentation politique a pris toute la place ces douze derniers mois, mais elle est loin d’être la seule thématique importante pour ce pays.

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El Yattioui Mohamed Badine, né en France de parents marocains, est docteur en Science Politique de l'université de Lyon (France). Il a rédigé une thèse intitulée "Les enjeux géostratégiques des programmes publics de Washington à destination de l'Amérique Latine, de George Bush père à George Bush fils (1988-2008)". Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP Cholula, Puebla (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l'Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue universitaire semestrielle et en parallèle, organise des événements dans différents pays. Par ailleurs, il dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) au sein de la UDLAP dont la publication d'un livre sur les institutions politiques du monde musulman contemporain en espagnol au cours de l'année 2019 connaît un franc succès. De plus, il publie des articles académiques pour des revues universitaires et scientifiques marocaines, mexicaines et colombiennes tout en participant à des conférences/congrès au Maroc, en France, en Colombie et au Mexique.