#EditoDeMexico 42 : Les nouveaux défis liés à la Marche Verte

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Peinture huile sur toile de Mohamed Chouri – matériaux – 100 x 70

Mohamed Badine El Yattioui, docteur en Science Politique de l’université de Lyon (France). Spécialiste des questions de sécurité globale et de gouvernance globale, il enseigne à la UDLAP (Universidad De Las Américas Puebla) au Mexique et à l’Université Jean Moulin Lyon III. Il préside le think-tank NejMaroc, Centre Marocain de Recherche sur la Globalisation qui publie une revue semestrielle et qui organise des événements dans différents pays et dirige le Séminaire Permanent sur le monde musulman (Observatorio sobre el mundo musulman) ILM. 

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a insisté, bien évidemment sur la dimension nationale de la Marche Verte, mais également sur son importance sur le plan continental. Le Sahara marocain constituant le trait d’union entre le Royaume et l’Afrique subsaharienne: “Nos Provinces du Sud qui constituent un véritable trait d’union entre le Maroc et le reste de l’Afrique sur les plans géographique, humain et économique.”

Il a également réitéré sa détermination à voir le plan d’autonomie adopté par l’ONU car il s’agit de la seule option viable “dans le respect total de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Royaume”. Elle est “une solution politique, réaliste, pragmatique et consensuelle”.

Vivant au Mexique, l’élection d’Andres Manuel Lopez Obrador, en 2018, semble avoir une conséquence claire en terme de politique étrangère, le retour en force de la doctrine Estrada de manière assumée et revendiquée et l’absence de toute remise en question de sa vision du dossier. Cette doctrine affirme la neutralité internationale du Mexique mais ce pays a reconnu la pseudo « République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) » en 1979… Les grands principes de la politique étrangère mexicaine semblent donc plus que jamais sur le devant de la scène sans prise en compte de la réalité du monde et de l’évolution des rapports de force sur le plan international. Si la position du Maroc a évolué, allant jusqu’à accepter l’idée d’une autonomie, celle du Mexique semble figée. Une non-intervention présentée comme une neutralité alors que c’est loin d’être le cas.

Le Souverain a également, à travers le cas d’Agadir, rappelé la nécessité d’articuler la stratégie nationale de développement avec les collectivités locales. Il a appelé à la création d’infrastructures routières et ferroviaires entre le Souss et les Provinces du Sud ainsi qu’entre Agadir et Marrakech.
Comme nous l’avions écrit il y a quelques semaines, la régionalisation avancée devient chaque jour une nécessité. Elle est nécessaire pour la réussite du “nouveau modèle de développement”. Avec seulement 10 % des ressources publiques consacrées à l’investissement, les collectivités locales n’ont pas de ressources suffisantes.
Régionalisation ne signifie aucunement développement séparé.

Sa Majesté le Roi a insisté sur cet aspect: “le développement régional doit être fondé sur la coopération entre les régions et sur leur complémentarité. Chacune d’elles doit, selon ses potentialités et ses spécificités, disposer d’une grande zone dédiée aux activités économiques”.

Les défis sont considérables afin de concrétiser la volonté initiale de la Marche Verte : redonner au Maroc son unité et voir son intégrité territoriale respectée sur le plan international.