CONTES FÉMININS ET THÉORIE CONTEMPORAINE

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Dans son livre “Traditions féministes dans les récits oraux andalous et marocains”, de H. Lebbady, il a consacré un chapitre sur les contes de femmes en disant :

Un examen attentif de ce conte révèle qu’il est très différent des contes de fées racontés en Occident, car il n’est pas entièrement au service de ce que Jacques Lacan appelle l’ordre symbolique du langage ou de la loi du père qui lui est associé.

Comme leurs homologues européennes, ces femmes marocaines se sont également senties complètement exclues des textes dominés par les hommes qui ne représentaient pas leurs désirs. C’est parce que dans l’ordre patriarcal, une femme n’est pas censée avoir des désirs, encore moins les exprimer.

Cependant, du fait que ces femmes marocaines étaient ségréguées du domaine public et qu’elles utilisaient une forme narrative orale, elles disposaient d’une plus grande liberté d’expression puisqu’elles s’adressaient à un public qui aurait été majoritairement féminin.

Cet aspect les a également rendus plus conscients que leurs homologues européens du rôle contraignant de la société sur leur sexualité. Comme l’a souligné Michel Foucault, la sexualité est façonnée et accordée par les intérêts du pouvoir et est une “construction historique”, ce qu’il appelle “un grand réseau de surface” et non “une donnée naturelle”.

Il est intéressant de noter qu’une prise de conscience similaire de la part des femmes marocaines impliquées dans le conte d’Ali leur a permis de transformer les modes à prédominance masculine appartenant à la sphère publique et de façonner leurs contes en récits dans lesquels elles pouvaient s’exprimer en tant que femmes.

Le souci de savoir comment les femmes peuvent vraiment s’exprimer compte tenu des limites du patriarcat a poussé un certain nombre de féministes françaises à formuler des théories qui permettraient aux femmes de s’exprimer tout en opérant dans le cadre du symbolisme masculin.

[…]

Il me semble que c’est le genre de considérations que les conteurs andalouses-marocaines prenaient en compte bien avant que les féministes françaises ne commencent à formuler leurs théories intellectuelles.

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Je me représente comme Ambassadrice du Maroc, j'écris sur mon pays et je le défends, je le découvre chaque fois où j'écris un article. Mon pays est riche avec de divers culture, Mon Maroc est à moi et à tous ceux qui l'aiment profondément. Hommage à mon père qui m'a toujours appris l'amour de la patrie. J'aime écrire sur l'histoire du Maroc en collectant des extraits des livres.

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