A fleur de peau : nous sommes tous Khadija.

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Le 21 août dernier, le site de presse électronique ChoufTV, réputé pour mettre la lumière sur les diverses frasques et scandales sociétaux, publie sur son site web ainsi que ses plateformes multimédia, une vidéo, qui le moins qu’on puisse dire relève du domaine de l’horreur. Cette vidéo d’une durée de quatre minutes et six secondes relate le calvaire qu’a vécu Khadija A., jeune fille de dix-sept ans, originaire du douar Ouled Ayad dans la région de Fquih Ben Saleh, violée et torturée pendant deux mois par pas moins de quinze personnes.

En effet, c’est durant le mois sacré de ramadan que cette jeune fille à la fleur de l’âge est enlevée devant son domicile avant d’être violée tour à tour par environ vingt personnes. Le cauchemar ne s’arrête pas là pour Khadija puisque ses ravisseurs lui mutilent le corps en la tatouant au niveau des mains, des jambes, de la nuque, faisant de son corps un vulgaire cahier de brouillon sans valeur. Malgré ses blessures, Khadija essaie à plusieurs reprises de prendre la fuite, mais est vite rattrapée par ses bourreaux qui n’hésiteront pas à l’affamer, la passer à tabac et à la brûler pour la dissuader de prendre à nouveau la fuite.

C’est après que le père de Khadija ait réussi à contacter l’un des ravisseurs, apparemment réputé au sein du douar comme appartenant à une bande criminelle organisée bien connue de tous, que les ravisseurs ont relâché Khadija, contre la promesse de ne pas porter plainte. C’est ainsi, sans la moindre inquiétude , que trois membres de la bande criminelle ont raccompagné Khadija à bord d’une moto jusque devant sa porte.

Faisant fi de la promesse accordée par son père aux criminels, Khadija se rend à la gendarmerie pour relater les deux mois de supplice vécus aux forces de l’ordre. Neuf bourreaux ont été formellement reconnus par la victime permettant ainsi à la gendarmerie de procéder à leur arrestation. Selon le témoignage de Khadija, dix à quinze individus sont encore recherchés par les forces de l’ordre.

Notons que la famille de la victime déplore l’absence totale de forces de l’ordre dans le douar de Ouled Ayad, devenant de ce fait une zone de non droit où bandits et criminels agissent à leur guise, à la vue et au su de tous.

L’histoire a fait le tour de la toile marocaine provoquant une onde de choc et de colère parmi les internautes, qui ont été nombreux à appeler à l’application de la peine de mort pour que plus jamais une jeune fille n’ait à subir ce que Khadija a enduré. Par ailleurs, certains professionnels de la santé ont fait part de leur volonté d’aider Khadija afin de lui retirer les traces de ces deux mois d’enfer qu’elle porte sur la peau. Mais une question subsiste, quid des traces invisibles à l’œil nu ? Quid du traumatisme sans fin dans lequel cette jeune fille devra vivre jusqu’à son dernier souffle, et enfin, jusqu’à quand allons nous rester silencieux face à ces monstruosités qui chaque année nous plongent un peu plus dans l’horreur ?

 

 

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