16 mai 2003, un jour noir marocain

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Dans les postes radio de toutes les voitures résonnaient la nouvelle de la naissance du prince héritier, Moulay Hassan. Partout au Maroc, le peuple se réjouit de cette nouvelle et les autorités préparent les festivités, Casablanca n’y échappe pas.

La joie et la naïveté du Maroc de l’époque, qui se sentait comme immunisé contre toute haine, ne permettaient pas de se prémunir, ne serait-ce que psychologiquement de tous actes de violence. Le choc fut donc encore plus grand, quand ce 16 mai 2003, pendant que des enfants jouaient en ville devant l’hôtelFarahou la Casa España, douze jeunes Marocains, tous issus du bidonville de Sidi Moumen, se préparent à commettre la haine. Une haine encore jamais connue au Maroc.

Avec seulement des couteaux et des gilets explosifs, les kamikazes pénètrent dans le restaurant la Casa España, en assassinant le vigile par arme blanche, puis ils se firent exploser, vingt personnes, la plupart des touristes, y ont laissé la vie. Dans les mêmes temps, l’hôtel Farah se fait attaquer, le vigile et le portier y périrent. Le cimetière juif, qui était un objectif n’a pas été atteint, le kamikaze se fît exploser près d’une fontaine faisant trois victimes. Une pizzeria appartenant à un Juif et un centre social hébraïque fût aussi attaquée sans faire de victime. Enfin un kamikaze se fît exploser près du consulat belge tuant avec lui deux policiers marocains.

Cette longue nuit ensanglantée du 16 mai 2003, fît 45 morts. Le Maroc se réveille durement, sa candeur disparue, et laisse place à une volonté claire de changer, pour ne plus revivre cela.

Il est clair que ce jour fût une date charnière, importante dans le règne du roi Mohammed VI, mais plus globalement dans l’histoire moderne du Maroc. L’obsession sécuritaire naît et balaye tout sur son passage.

Tout d’abord les renseignements marocains assurés par la DGST (Direction générale de surveillance du territoire), qui a failli lors du 16 mai. On refonte la direction, on l’assainit, on lui fixe des objectifs, et moment le plus important, le 14 décembre 2005, Abdellatif Hammouchi devient le plus jeune directeur de la DGST à 39 ans. Le travail de Hammouchi est largement salué, et participe grandement à l’efficacité du Maroc dans nombreux domaines du renseignement, notamment le contreterrorisme. On met fin également à la liberté totale qu’avaient les imams, en contrôlant leurs formations, leurs discours lors de la salat du vendredi. Ils sont désormais payés par l’État marocain afin d’éviter les ingérences étrangères. De nombreuses lois développent le dispositif juridique marocain pour pouvoir parer à ce danger.

On a dépolitisé cette question, afin d’y répondre rapidement et efficacement. Le résultat est là, le Maroc est reconnu par tous les pays du monde, dont la France, les services marocains ayant permis de retrouver Abaaoud, le cerveau des attentats du Bataclan. Hammouchi est au centre de cette machine marocaine, surtout depuis 2015 avec la création du BICJ (Bureau central des investigations judiciaires) et sa nomination en tant que directeur de la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale), il est le premier à avoir la responsabilité des deux services de renseignements marocains.

Mais depuis quelques années, le Maroc essaye de réconcilier les extrémités idéologiques avec la Nation marocaine, afin d’éviter le recours systématique à la répression, qui n’est ni souhaité, ni souhaitable, car il implique des privations de liberté et un climat délétère. Ainsi, le roi Mohammed VI a accordé sa grâce royale à des anciens salafistes à plusieurs reprises, un programme de réconciliation nommé « Moussalha »est mené par les organismes publics, et enfin l’Institut Mohammed VI de la formation des imams connaît un réel succès, notamment depuis 2013 avec l’accueil d’étudiants étrangers, qui assure une indépendance dans la formation des imams pour le Maroc.

Ces efforts penchent vers un apaisement de la situation, pour garder notre Patrie comme terre de tolérance, d’ouverture et de paix. Mais il est très important de rappeler ce jour, chaque année, car le Maroc a une population jeune, et nombreux vont être ceux qui n’ont pas vécu cette nuit, ce choc, cette rupture. Il est donc de notre devoir, celui que doit endosser toute la Nation, d’éduquer nos enfants afin d’avoir un peuple vigoureux, intellect qui regarde son Histoire avec des yeux aguerris, mais un cœur apaisé.

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